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Le 8 mars, c’est la journée internationale des droits des femmes. De toutes les femmes, même les « invisibles » : les femmes SDF ou en grande difficulté. Le 3 mars à Charleroi, une journée d’expos et d’animations était organisée avec ces femmes qui, à un moment de leur vie, se sont retrouvées à la rue.

Femmes invisibles, femmes debout

Lydia Magnoni

jeudi 9 mars 2017

Le 3 mars dans les bâtiments du Quai 10 à Charleroi, le GRAF (Groupe de Réflexion et d’Action en Soutien à la Femme) proposait « Regards de Femmes », une journée organisée en collaboration avec plusieurs associations (1). Ce qui réunit ces associations ? Elles aident des femmes SDF ou en grande précarité précarité le fait de ne pas être à l’abri des ennuis d’argent, de vie à s’en sortir et à reprendre le cours de leur vie. La journée a d’ailleurs été soutenue par un budget participatif du CPAS CPAS Centre public d’action sociale de Charleroi. L’une de ces associations Comme chez nous, est à l’origine du projet de collectif Les Fleurs du Bien. Et c’est le collectif Les Fleurs du Bien qui proposait un spectacle théâtral.

Le projet Les Fleurs du Bien

Les Fleurs du bien est né au sein de l’association Comme chez nous qui propose un accueil de jour pour les sans abri. En 2009, Manu Condé y organisait notamment un atelier cuisine ouvert à tous les sans-abris du centre. Mais les femmes semblaient moins accrocher que les hommes au projet. Pourquoi cette différence ? Une étude est alors menée auprès des 130 femmes qui fréquentent le centre. Et ces femmes veulent un espace où elles peuvent se retrouver entre elles. C’est comme ça qu’est née l’idée des Fleurs du Bien.
Cet espace a été créé en collaboration avec le Service de Promotion de la Santé de Comme chez nous. Des femmes SDF ou en grande difficulté ont donc lieu où elles de rencontre où elles et sortent de leur isolement. Elles peuvent se changer les idées, prendre un café, une douche, apprendre à mieux manger, à s’occuper d’elles-mêmes … Ces femmes peuvent ainsi faire une pause dans un quotidien difficile qu’elles affrontent souvent seules.

Réparer des vies de femmes

Et c’est bien le but de ce lieu réservé et géré avec ces femmes : donner à ces femmes la capacité de s’assumer : « L’objectif est de créer du lien et de renforcer la capacité d’action de ces femmes en grande difficulté. »

« Fleurs du bien m’apporte beaucoup, dit Catherine, pour moi c’est comme une deuxième maison, un centre de délassement, de bien-être. Ça m’a permis d’avoir de nouvelles amies, de connaître des activités que je ne peux faire chez moi et d’améliorer ma façon de manger. Moi qui n’ai pas de famille, c’est comme si j’avais une famille. Sans Fleurs du Bien, je ne saurais pas où aller ni que faire. »

Les femmes peuvent aussi recevoir des informations utiles à leur vie de tous les jours : sur le logement, sur les services de santé, sur la contraception,…
Elles participent également à des ateliers pour apprendre àmieux se nourrir avec un tout petit budget. Ou encore à des ateliers massage, ou relooking, où elles se réconcilient avec leur corps… Une attention particulière est portée à la santé et à la prévention de grossesses non désirées. 40 % des femmes accueillies ignorent ce qu’est la contraception et ont besoin d’un accompagnement à son utilisation.
Grâce aux activités proposées, aux informations, aux rencontres, aux liens qu’elles tissent entre elles, les femmes retrouvent peu à peu le goût de s’occuper d’elles, elles retrouvent l’estime d’elles-mêmes et leur dignité dignité le respect qu’on se doit à soi-même .

Mettre leur vie en scène

Lors de sorties et d’activités culturelles, les femmes ont aussi appris à se familiariser avec l’expression artistique. Et c’est lors d’un atelier d’écriture que sont nés les textes de la chanson et d’une pièce de théâtre présentée pour la première fois 3 mars, au Quai 10.
La pièce raconte la vie de l’une d’elles. Une vie qui commence comme la vie de tout le monde. Et puis, un jour, un accident, un divorce, un mari violent. Et c’est le début de la descente… Elle se retrouve à la rue avec son bébé. Elle cherche partout une aide, un soutien, mais elle ne trouve le plus souvent que des reproches, des portes fermées. Elle connaît la peur, les coups, la faim, le froid. Mais aussi le mépris ou l’indifférence de ceux à qui elle demande de l’aide. Puis elle rencontre d’autres femmes qui, comme elle, ont connu la rue. Grâce au soutien, à la solidarité de ces femmes, elle va peu à peu se reconstruire.

Pendant un moment, les femmes des Fleurs du bien ont partagé avec le public, une réalité difficile qu’elles essaient le plus souvent de cacher. Un pas vers la reconstruction pour ces femmes trop souvent invisibles.

(1) Asbl Comme Chez Nous
« Comme Chez nous » est une institution qui accompagne des personnes sans abri, sans domicile fixe, mal logés). Elle comporte un centre d’accueil de jour : le Rebond et trois autres services internes dont celui de la Promotion de la santé.

Fleurs du Bien

Centre Local de Promotion de la Santé de Charleroi – Thuin www.clpsct.org

SIDA- IST Charleroi – Mons (Asbl)

Action Vivre Ensemble

Planning Familial « La Bulle »

Les petits doigts de fées

Accueil et promotion des immigrés – API

Marchienne Babel

Chorale « les motivés »

En savoir plus

Les paroles de la chanson

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