Le poids du livre


Le 28 janvier 2020 | Mise en ligne : Lydia Magnoni
Auteur : Céline Teret

De leur fabrication à leur destruction, les livres ont des effets négatifs sur l’environnement. On ne va pas pour autant arrêter de lire. On peut « consommer autrement » le livre.


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Pour fabriquer un livre, il faut du papier et donc de la pâte à papier. On fabrique cette pâte à papier à partir de copeaux de bois. Il faut donc couper des arbres pour en fabriquer. On peut aussi fabriquer cette pâte à partir de papier usagé : des journaux, des prospectus, des livres... Cela donnera du papier recyclé.
De plus, il faut beaucoup d’eau et d’énergie pour fabriquer la pâte à papier. On doit aussi utiliser des produits chimiques, pour les différentes étapes de fabrication du livre. Par exemple, il faut des produits pour blanchir le papier, coller les reliures, plastifier certaines couvertures, ou encore fabriquer les encres et les emballages. Ces produits chimiques polluent l’air et l’eau. Et puis, il y a le transport qui produit des gaz à effet de serre, ces gaz qui réchauffent la planète. Résultat : la fabrication des livres a un effet mauvais sur l’environnement.

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De plus, beaucoup de grosses maisons d’édition décident de fabriquer et d’imprimer leurs livres dans d’autres pays. Le papier est de plus en plus fabriqué en Chine, au Brésil ou en Indonésie. Les livres sont imprimés dans les pays de l’Est de l’Europe ou plus loin encore. En France, par exemple, 25 à 40 % des livres vendus sont imprimés à l’étranger. Dans ces pays, les coûts de production sont moins chers. Les pollutions se passent là-bas, loin des regards. Et les mauvaises conditions de travail restent aussi loin des regards... Et ces livres fabriqués de l’autre côté du monde doivent être transportés ici. Cela augmente son impact sur l’environnement.

Livres au pilon

Pour faire vendre leurs livres, les maisons d’édition en impriment beaucoup, parfois beaucoup trop. Le but est de faire de grandes piles dans les librairies. Mais ces livres restent rarement plus de trois mois sur les étagères. Alors, ils sont détruits. Parfois, ils ne sont même jamais déballés. La destruction des livres neufs et invendus s’appelle le « pilon » ou le « pilonnage ». Chaque année, en France, 20 à 25% des livres partent au pilon. 140 000 exemplaires sont détruits, sans même avoir été ouverts une seule fois ! Ces livres sont pilonnés parce que les maisons d’édition considèrent que ça leur coûte trop cher de les stocker. Tant de pollutions pour fabriquer des livres qui seront directement jetés à la poubelle…

Les grands mangent les petits

Au-delà des effets sur l’environnement, l’édition et la vente du livre ont beaucoup changé ces dernières années. De grandes maisons d’édition qui appartiennent à des groupes internationaux occupent une grosse part du marché. Face à ces grosses machines de l’édition, les petites maisons d’édition ont bien souvent du mal à survivre.
Beaucoup de choses ont évolué aussi dans la vente du livre, surtout depuis la vente en ligne. L’entreprise de commerce électronique Amazon vend des livres (et d’autres produits) sur internet. Aujourd’hui, son chiffre d’affaires est énorme Amazon fait partie des géants du web. Les conditions de travail chez Amazon sont souvent critiquées, mais le géant de la vente en ligne ne s’en préoccupe pas. Une grosse entreprise comme Amazon, qui offre un service rapide, menace les petites librairies.

Le numérique, la solution ?

Derrière les pages d’un livre, il y a donc des problèmes environnementaux et sociaux. Faut-il arrêter de lire pour autant ? Surtout pas ! Par contre, il est possible de « consommer autrement » le livre.
Depuis quelques années, il existe des livres numériques, aussi appelés livres électroniques ou e-book. Ces ouvrages sont téléchargés, puis stockés pour être lus sur une tablette de lecture ou une liseuse. Est-ce que cela permettrait d’éviter les mauvais effets sur l’environnement dû à la fabrication des livres papier ? Pas tant que ça… La production des tablettes de lecture, le stockage des fichiers polluent aussi. De plus, elles consomment de l’énergie pour fonctionner. Pas vraiment une solution, donc …

Un livre plus vert

Mais il existe d’autres solutions pour lire en respectant mieux l’environnement. Par exemple, préférer des livres en papier recyclé. Le papier recyclé consomme moins d’énergie et d’eau que le papier non recyclé. Ou préférer des livres imprimés avec de l’encre végétale et localement. Certains livres ont des « labels » comme Imprim’vert (impression écologique) ou les abréviations mystérieuses FSC/ PEFC , cela veut dire que les forêts sont mieux protégées. Ces labels garantissent que le livre est produit ou imprimé de façon plus écologique.

On peut aussi soutenir les petites maisons d’édition en achetant leurs livres. Certaines d’entre elles sont des maisons d’édition « engagées » : elles choisissent de fabriquer localement leurs livres et de façon plus écologique, elles éditent des livres sur des sujets environnementaux, sur les luttes sociales…
Au lieu de commander des livres sur Amazon ou de les acheter en grande surface, ou préférer la librairie indépendante. Cela permet d’encourager les petits commerces de proximité et, bien souvent, on y reçoit les conseils d’un libraire passionné et expérimenté.
Plutôt que d’acheter des livres neufs, on peut aussi acheter des livres en seconde main ou en brocante. En plus, les livres y sont beaucoup moins chers. Et enfin, n’oublions pas les bibliothèques et les boîtes à livres. On peut découvrir plein de livres à petits prix.
On peut donc lire sans trop polluer la planète. Alors, ne nous gâchons pas le plaisir de lire !

En savoir plus

Un article très complet sur l’impact du livre

Un rapport complet sur l’impact de l’édition

Un article de l’association Terre Vivante


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