Commémoration communiste 


 Cahiers  Lutter pour une vie plus juste
Le 7 mai 2018 | Mise en ligne : Lydia Magnoni
Auteur : Thierry Verhoeven

Des syndicats, des partis politiques, des associations commémorent des grands événements de la lutte ouvrière. Mais ils ne le font pas toujours de la même façon parce qu’ils ne jouent pas le même rôle dans la société. Pour preuve, notre rencontre avec un animateur culturel et un représentant politique, liés tous les deux au Parti communiste.
Par Thierry Verhoeven


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Comme chaque année, le Parti communiste commémore la première grande révolte ouvrière en Wallonie de mars 1886 (1). Cette année, une association culturelle, l’Association culturelle Joseph Jacquemotte s’est associée au PC PC Parti communiste pour commémorer commémorer rappeler un événement, une date de l’histoire par une cérémonie officielle la révolte de Roux (2). Normal, … L’Association culturelle Joseph Jacquemotte est proche du PC. Joseph Jacquemotte a fondé, avec d’autres, le Parti communiste de Belgique en 1921.

Petit parti

Si ce Parti communiste a joué un grand rôle dans l’histoire sociale et politique, il est aujourd’hui un petit parti. Pourquoi le peu de militants qui restent au PC passent-ils leur temps à commémorer la révolte de Roux ? Et pourquoi une association culturelle participe-t-elle, à sa façon, à cette commémoration commémoration Cérémonie officielle pour rappeler un événement, une date importante de l’histoire  ? En plus, les syndicats ont fait aussi une commémoration quelques jours plus tard. Est-ce la preuve de la division des organisations liées au mouvement ouvrier ? On peut se poser la question. Pour y répondre, nous avons rencontré un responsable du Parti communiste et un animateur à l’Association culturelle Joseph Jacquemotte.

Freddy Visconti a travaillé en sidérurgie à Charleroi. Il était délégué syndical et est aujourd’hui militant des travailleurs sans emploi de la FGTB FGTB Fédération Générale des Travailleurs de Belgique, plutôt socialiste. Sa couleur : le rouge. ., mais avec toujours son casque de métallo vissé sur la tête. Freddy nous accueille en lançant un « Camarade ! », comme s’il était en meeting meeting grande réunion pour discuter d’un sujet politique ou social , mais il le fait avec humour. Ceci dit, il devient très vite sérieux, très sérieux même !

Révolution avec un grand « R »

Nous lui demandons : « Pourquoi le Parti communiste, un petit parti, a-t-il fait sa propre manifestation ? » Freddy répond : « Le Parti communiste est un petit parti mais il a une grande histoire. C’est le PC qui, depuis plusieurs années, a lancé cette commémoration. L’histoire, notre histoire, c’est pas les rois, les reines. C’est l’histoire des luttes ouvrières. Après la révolte de 1886, la condition de vie des ouvriers s’est améliorée. Et cela a continué mais toujours grâce à des luttes, à plus de 100 ans de lutte.
Au PC, on est dans les syndicats, on est pour les syndicats. Mais on critique aussi les syndicats sur certaines choses. Les syndicats défendent les intérêts des travailleurs bien sûr, mais souvent seulement le pouvoir d’achat et l’emploi. Parfois, ils vont un peu plus loin, mais pas assez. Le régime belge devient de plus en plus dur.
Le PC est pour un changement complet de société, la Révolution avec un grand R. Je dis avec un grand « R » car on met la Révolution à toutes les sauces. Parler, c’est bien, mais il faut agir. Et un changement de société ne se fait pas facilement. Chaque fois que le régime politique, le régime capitaliste est menacé, il tape, il cogne. Chaque fois que le peuple veut se libérer et bien le régime, il tape, il tape. »

Mémoire ouvrière et populaire

François D’Agostino est historien de formation. Il est animateur social et culturel de l’Association culturelle Joseph Jacquemotte. Il est militant des jeunes du syndicat FGTB et membre du Parti communiste. Pour François, la manifestation du PC et de l’Association Jacquemotte sont complémentaires : « Nous, on fait aussi une conférence avec un militant syndical qui a étudié l’histoire des grèves de 1886 et on a fait un débat des liens avec les luttes actuelles et la nécessité de défendre les conquêtes démocratiques. »

Pourquoi une association culturelle participe-t-elle à ce genre de commémoration ? François répond : « On est dans une période où les conquêtes démocratiques et sociales sont grandement mises à mal. Et il y a la faiblesse idéologique, enfin la faible conscience de classe pour reprendre de vieux mots qui ont encore tous leur sens. Ceci explique en partie cela. L’oubli que les acquis démocratiques et sociaux ont été obtenus par des luttes et peuvent être préservés et même étendus par des luttes. Et donc, à notre petite échelle, la plus large diffusion possible de cette mémoire ouvrière et populaire contribue à la défense des acquis démocratiques. »

(1) Voir notre article sur les événements de Roux
(2) En réalité, c’est une locale de l’Association Jacquemotte, l’ASBL Le Progrès qui participe à la commémoration, mais on vous épargne les détails…


Auteur : Thierry Verhoeven
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