En Iran : Femmes, vie, liberté !


 Articles Le 24 novembre 2022 | Mise en ligne : Thierry Verhoeven
Auteur : Thierry Verhoeven

« Femmes, vie, liberté !» C’est le slogan des femmes qui manifestent en Iran après la mort d’une jeune fille arrêtée dans la rue par la police pour avoir "mal mis" son voile. Ces femmes se révoltent contre des lois qui les humilient et les brutalisent. Leurs manifestations ont lancé un mouvement général de révolte contre la politique du pouvoir iranien.

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L’histoire commence le 13 septembre à Téhéran, capitale de l’Iran. Le 13 septembre, la police de la moralité interpelle une jeune femme iranienne d’origine kurde Mahsa Amini. La police lui reproche d’avoir "mal mis" son voile : on voit une partie de ses cheveux. L’Iran est une République islamique. Au nom de l’islam, il y a des lois qui humilient, méprisent et brutalisent les femmes. Par exemple, l’article 638 du Code pénal code pénal ensemble des textes de lois qui punissent les personnes qui commettent des infractions aux lois. punit de prison et d’amende une femme qui n’a pas de voile ou qui a un voile "mal mis" dans un lieu public. Jusqu’en 1996, la femme pouvait même recevoir jusqu’à 74 coups de fouets.

« Femmes, vie, liberté ! »

La police arrête la jeune Mahsa Amini. Elle meurt à l’hôpital 3 jours plus tard. On soupçonne la police de l’avoir frappée et d’avoir provoqué sa mort. Les femmes et jeunes filles du pays commencent à manifester. Elles sont émues par la mort de la jeune fille et refusent le port du voile obligatoire. Elles disent que les femmes ont le droit de choisir, que les femmes doivent être libres pour le port du voile et bien d’autres choses. Ce n’est pas un hasard si leur slogan slogan phrase courte et frappante pour défendre une idée, une opinion. est « Femmes, vie, liberté ! »

Les hommes aussi

Ce n’est pas la première fois qu’il y a des manifestations en Iran contre le voile obligatoire. Mais c’est la première fois que les manifestations sont si nombreuses et rassemblent autant de gens différents. Il y a beaucoup de jeunes surtout des femmes, des jeunes hommes aussi. Il y a eu, par exemple, des manifestations où les hommes criaient le slogan des femmes : « Femmes, vie, liberté ! » Les femmes leur répondaient par le slogan « Hommes, patrie, prospérité ! » Cela montre bien que de plus en plus d’Iraniens et d’Iraniennes sont unis, non seulement contre les lois contre les droits des femmes et aussi contre les dirigeants du pays et leur politique.

Des personnalités

De plus en plus de personnalités en Iran se disent solidaires des personnes qui manifestent. C’est le cas, par exemple, d’actrices et de sportives. L’actrice la plus célèbre du pays, Kataneh Afshar Nejad, a fait une vidéo sur les réseaux sociaux où elle dit : « Arrêtez ce massacre. Si enlever mon voile obligatoire peut aider aux manifestations alors c’est la moindre des choses que je le fasse. » Une autre actrice, Hengameh Ghaziani, s’est montrée marchant dans la rue sans voile. Elle a déclaré : « Peut-être que ce sera mon dernier message. S’il m’arrive quelque chose, sachez que je serai toujours avec le peuple iranien jusqu’à mon dernier souffle. » Depuis ce message, elle a été arrêtée par la police.

Le mouvement s’étend

Dans de nombreuses villes du pays, des Iraniennes et des Iraniens réclament plus de libertés et veulent que le pouvoir change. Des ouvriers font grève. Les commerçants des bazars des grandes villes ferment certains jours leur boutique pour montrer qu’ils ne sont pas d’accord avec le pouvoir.
L’arrestation de Mahsa Amini pour voile "mal mis" a entrainé sa mort. Cela a déclenché la colère et les manifestations d’Iraniennes et d’Iraniens. Ils protestent contre les lois qui humilient, méprisent et brutalisent les femmes. C’est déjà beaucoup, mais ce n’est pas tout.

Crise politique, sociale, économique...

Plus de la moitié des 86 millions d’habitants ont moins de 30 ans. Ils supportent de moins en moins les règles imposées par le régime. Par exemple, écouter simplement de la musique dans la rue peut créer des problèmes avec la police. Le pays vit une crise économique grave. On estime que presque un habitant sur 2 vit dans la pauvreté. Le régime est corrompu. Certains bénéficient de pots-de-vin. Les proches du pouvoir sont privilégiés. Il y a des élections, mais on sait qu’elles ne respectent pas toutes les règles de la démocratie.

Le pouvoir fragilisé

Il y a donc de nombreuses raisons à la colère de la population. Le pouvoir iranien réagit par la force. Il y a quand même certains dirigeants, même des religieux, qui critiquent la violence du pouvoir. On ne peut pas dire l’avenir. Ce qui est sûr, c’est que ce mouvement fragilise très fort le pouvoir en Iran et que ce pouvoir ne pourra plus faire « comme avant ».


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