Femmes et Sécu


Je connais des gens qui parlent de la naissance de la Sécurité sociale en 1945 comme des catholiques parlent de Noël et du petit Jésus. La sécurité sociale est divine, elle est sainte, elle est sacrosainte même. On ne peut pas y toucher, pas la critiquer. Je connais des femmes qui leur répondent : « La Sécurité sociale, c’est bien, mais il y a un problème : elle a été faite par et pour des gros machos ! » À y regarder de plus près, ces femmes n’ont pas tout à fait tort.


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Les femmes gagnent moins que les hommes. Elles travaillent davantage à temps partiel. Elles ont des contrats plus précaires. Elles travaillent dans des secteurs où l’on gagne moins. Tout cela a des conséquences sur leurs allocations de chômage et sur leur pension. Et en plus, le système de sécurité sociale a été fait sur un modèle de famille qui favorise l’homme, le chef de famille.

Madame Gagne-Miettes

Le système de sécurité sociale que nous connaissons a été mis en place en 1945. À l’époque, il y avait une forte division sexuée du travail. Qu’est-ce que c’est que ça ? Et bien aux hommes, le travail qui rapporte de l’argent et aux femmes, le travail à la maison. On disait alors « monsieur Gagne-Pain et madame Au-Foyer. » C’est une image macho et qui en plus n’est pas tout à fait vraie. Dans la classe ouvrière et les milieux populaires, la femme travaillait aussi, car le salaire de l’homme ne permettait pas de vivre correctement. Autrement dit, madame Au-Foyer était en plus, madame Gagne-Miettes.

Droits dérivés

Le système de sécurité sociale profite d’abord à monsieur Gagne-Pain. En Sécurité sociale, il y a le « chef de famille » qui a des « personnes à charge ». Le chef de famille a le droit direct à la Sécurité sociale. Et le chef de famille, c’est presque toujours l’homme. Femme et enfants « à charge » ont le droit dérivé à la Sécurité sociale. Évidemment, les droits directs sont mieux que les droits dérivés. C’est le cas pour les salariés, c’est aussi le cas pour les indépendants. Il ne faut pas oublier que pendant longtemps beaucoup de femmes étaient les aidantes de leur mari indépendant sans avoir aucun droit social ou presque.

L’exemple du chômage
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« Personne à charge », « personne avec un droit dérivé », voilà souvent le statut de la femme en sécurité sociale. Les choses ne s’arrangent pas avec le statut de cohabitant. En 1980, le parlement et le gouvernement belges créent le statut de cohabitant pour les allocations et les aides sociales. Il y a depuis 3 catégories de personnes : chef de famille, isolé, cohabitant. C’est évidemment les cohabitants qui touchent le moins et les cohabitants sont en grande majorité des cohabitantEs.
Depuis 40 ans, les associations de défense des droits des femmes demandent la suppression du statut de cohabitant et l’individualisation des droits en Sécurité sociale. La femme ne doit plus être vue comme l’autre moitié du couple, mais une citoyenne à part entière aussi en droit social. En plus, le modèle de la famille a beaucoup changé. Le statut de cohabitant pénalise aussi les enfants ou les jeunes qui veulent vivre en colocation.

Plus de précisions sur le site de Solidaris, cliquez ici

Pour la suppression du statut de cohabitant, une pétition et des explications très claires sur ce site de la Ligue des familles, cliquez ici

Individualiser les droits en sécurité sociale mais pas à n’importe quel prix ! L’avis de Hafida Bachir de Vie Féminine, cliquez ici


Auteur : Thierry Verhoeven
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