La Shoah par ceux qui l’ont vécue


Le 14 février 2020 | Mise en ligne : Thierry Verhoeven

110 entretiens filmés sur la déportation juive : anciens déportés, enfants de déportés et enfants cachés, Justes des nations Justes des nations Nom donné aux personnes non juives qui ont aidé les juifs et résistants. La Fondation pour la mémoire de la Shoah a recueilli des témoignages bouleversants. Entretiens filmés sur la déportation juive et le contexte contexte Les circonstances, les conditions, les explications d’un événement, d’un fait, d’une action des années 1930 : l’antisémitisme antisémitisme racisme contre les juifs, agressivité contre les juifs, haine des juifs , l’anticommunisme, la déportation, l’extermination des juifs.


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110 personnes témoignent de la montée de l’antisémitisme antisémitisme racisme contre les juifs, agressivité contre les juifs, haine des juifs , de la guerre, des rafles de juifs, des camps. Chaque témoignage est diffusé en chapitres, Il y a aussi des sous-titres très clairs, le texte intégral de l’interview qui défile à côté de l’image, un moteur de recherche très efficace. Cette remarquable réalisation rappelle la Shoah et la montée du nazisme.

Nous avons choisi un extrait du témoignage de Roger Belbeoch parce qu’il montre que dans les années 1930, des gens en France savaient déjà qu’il y avait des camps de concentration en Allemagne : Quand les gens vous disent : On ignorait", ce n’est pas vrai, les gens sont des menteurs, c’est des menteurs. Nous, nous le savions, pourquoi pas les autres ?"
Il parle aussi des juifs, des communistes et des francs-maçons. Pour les Nazis, juifs, communistes et francs-maçons étaient les grands ennemis.

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Question de Antoine Vitkine :
Dans les années 30, est-ce que vous personnellement, vous connaissiez des Juifs ?

Réponse de Roger Belbeoch :
Oui mais vous savez à l’époque, moi je faisais pas attention..., je vous ai dit, j’avais eu une fiancée qui était juive, Claudine Kaufmann, je faisais pas attention si c’était des Juifs, pas Juifs, même ceux qui croyaient au ciel, c’était quelque chose de normal, chacun était libre de faire ce qu’il voulait, c’est ce que j’ai appliqué pendant la résistance d’ailleurs.

Question de Antoine Vitkine : Parce que les années 30, c’est une période où l’antisémitisme qui a toujours existé en France est particulièrement virulent, il y a des journaux, qui sortent, qui sont très antisémites, il y a les ligues comme vous en parliez tout à l’heure. Est-ce que vous souvenez de ça, qu’est-ce que vous pensez de tout ça, à ce moment-là ?

Réponse de Roger Belbeoch :
On pensait que c’était complètement idiot, on disait que les Juifs c’était la finance internationale, que c’étaient eux qui avaient le monopole, toutes les affaires. Ils avaient pas plus de monopole que les non-Juifs, tout le monde était pareil mais c’était pas là notre problème. Notre problème justement, c’était de lutter pour protéger ces gens-là et d’essayer de faire sortir des idées nouvelles, et de réunir le plus de gens possible, on est arrivé au Front populaire avec ça.

Question de Antoine Vitkine :
Vous saviez le sort que l’Allemagne nazie réservait aux Juifs à ce moment-là ?
Réponse de Roger Belbeoch :
Tout à fait, non seulement aux Juifs mais aux communistes hein. Parce que les premiers camps de concentration en Allemagne, on avait des camarades allemands que je connaissais, qu’on a revus après la guerre d’ailleurs, et qui nous disaient ce qui se passait. Quand les gens vous disent : "On ignorait", ce n’est pas vrai, les gens sont des menteurs, c’est des menteurs. Nous, nous le savions, pourquoi pas les autres ? Et puis enfin quand même, il y avait quand même des gens qui, même au sein du Parti communiste, qui faisait dans des meetings, dans des réunion. Ils le disaient, ça. Donc, la population le savait, s’ils disent maintenant qu’ils étaient pas au courant, moi je vous dis qu’ils étaient au courant.

Question de Antoine Vitkine :
Vous en avez parlé de tout ça avec Claudine Kaufmann par exemple, votre amie de l’époque ?

Réponse de Roger Belbeoch :
Oui mais enfin, vous savez on parlait bien d’autres choses que ça. A l’époque on était assez jeune quand même, je vous ai montré une photo tout à l’heure, c’était en 36, alors vous voyez, j’avais quinze ans et bon ben... il fallait savoir séparer les choses quoi.
Question de Antoine Vitkine : À ce moment-là, vous êtes aux Jeunesses communistes ?
Réponse de Roger Belbeoch :
Non, non, pas du tout. Non après, c’est après ça. Alors comme je vous le dis, je travaillais assez bien à l’école, dès que j’ai eu mon certificat d’étude, je suis parti au cours complémentaire à Charenton. Là au cours complémentaire, j’avais des profs qui étaient des types sensationnels, qui, comme vous le disiez tout à l’heure, ils nous parlaient du nazisme, comme je vous en parle maintenant. Je sais pas s’ils étaient communistes ou s’ils étaient pas communistes, mais je sais que c’est des gens qui étaient au moins des démocrates, qui nous disaient ce qu’était la liberté, ce qu’était l’antinazisme, etc., etc. (...) Et puis - il y avait même un prof qui était franc-maçon d’ailleurs. (...)

La Fondation pour la mémoire de la Shoah, site remarquable, très complet sur la Shoah et sur le génocide, cliquez ici


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