Marisa nous parle des USA


Le 24 novembre 2020 | Mise en ligne : Thierry Verhoeven
Auteur : Verhoeven Thierry
|  1 messages

Marisa a grandi à Los Angeles en Californie. Ca nous fait rêver... Elle vit pourtant en Belgique depuis 5 ans et figurez-vous qu’elle s’y sent bien. Il faut dire qu’elle a trouvé l’amour et qu’elle aime aussi son boulot. Elle travaille dans une école à Bruxelles. Ce "doux" exil, si on ose dire, ne l’empêche pas de continuer à s’intéresser à la vie politique américaine et de voter aux élections présidentielles.


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Marisa a 26 ans, elle a grandi à Los Angeles en Californie. Elle a un diplôme en Sciences politiques. Elle vit en Belgique depuis 5 ans. Elle habite Namur et travaille dans une école à Bruxelles. Comment Marisa voit-elle la situation aux Etats-Unis d’Amérique ?

Comment as-tu vécu la présidence de Trump ?
« Même de Belgique, ce furent 4 très longues années. Les mots qui me viennent à l’esprit : chaotique chaotique très désordonné, sens dessus dessous,"bordélique". Adjectif du mot chaos. , imprévisible, tendu. En fin de compte, je pense que l’on se souviendra de sa présidence démagogique et de ses discours démagogiques démagogiques simplistes. Un discours démagogique est un discours pour avoir la confiance des gens et avoir ou garder le pouvoir. . Cela a complètement changé le visage du parti républicain. Et beaucoup de républicains qui étaient anti-Trump le soutiennent maintenant car ils veulent garder leur pouvoir au sein du parti. »

Beaucoup de gens sont désespérés et cela alimente les tensions. Trump a joué là-dessus et, avec lui, les tensions vont au-delà des inégalités économiques.

On dit que Donald Trump a divisé les Américains et a fait monter les tensions dans la société, qu’en penses-tu ?
« Quand Trump est arrivé au pouvoir en 2016, les divisions et les tensions étaient déjà là, surtout sur le plan économique. Il y a eu la crise économique de 2008, et même si sous Obama il y a eu des mesures pour diminuer les écarts et préserver la classe moyenne, les inégalités restaient fortes. La tendance générale est que l’écart entre les classes sociales augmente. Nous avons d’un côté les ultra-riches et de l’autre, des Américains qui gagnent quelques centaines de dollars et vivent dans la pauvreté.
Beaucoup de gens sont désespérés et cela alimente les tensions. Trump a joué là-dessus et, avec lui, les tensions vont au-delà des inégalités économiques. Et puis, il y a un incroyable culte de la personnalité autour de Trump. Nous n’avons pratiquement jamais eu de président avec des partisans aussi fervents. Même si Biden a gagné, je pense toujours aux 70 millions d’Américains qui ont voté pour Trump. »

« Je pense que nous avons besoin d’un grand changement »

Penses-tu que ces tensions et ces divisions vont s’apaiser avec Joseph Biden ?
« Biden a dit lui-même qu’il voulait que sa présidence soit « normale ». Avec Trump, la « normalité » avait disparu. Mais il faut faire attention : en 2016, les Américains ont élu Trump en grande partie comme une déclaration contre la normalité. Et pour eux, comme pour Trump, la normalité, c’est l’establishment establishment Mot anglais, on peut traduire par "une minorité sociale qui a le pouvoir et dirige la société selon ses propres intérêts, qui défend l’ordre établi." et le fait que leur situation ne s’améliore pas. Je ne suis pas convaincue que Biden ait été élu parce que les Américains veulent revenir à cette normalité. Je pense que nous avons besoin d’un grand changement au contraire.
On peut prendre l’exemple de la Floride. C’est un État où 51% de la population a voté pour Trump. Mais ils ont aussi voté pour une initiative très progressiste : augmenter le salaire minimum à 15 dollars de l’heure. Les gens ont l’impression que les démocrates « modérés » n’offrent pas de réel changement. Alors, ils choisissent Trump parce qu’ils le voient comme le candidat anti-establishment. Heureusement, la défaite de Trump est peut-être la preuve que certaines personnes se sont rendues compte que Trump se contentait juste d’avoir un message anti-establishment sans agir contre les inégalités. »

Aux Etats-Unis, on a beaucoup parlé de l’Obamacare, des soins de santé pour tous, que Trump voulait supprimer totalement…

« La sécurité sociale est très faible aux États-Unis. La maladie du coronavirus a montré les manques en matière de soins de santé et de chômage. Les soins de santé sont accessibles si on a un bon emploi à temps plein, sinon les soins de santé sont beaucoup trop chers. Des malades hospitalisés en raison de la maladie du COVID-19 ont reçu des factures de plusieurs milliers de dollars pour leur traitement. L’Obamacare était un pas dans la bonne direction. »

« Nous voyons un retour de la gauche aux États-Unis. C’est aussi formidable que les femmes en soient le visage. »

On parle beaucoup chez nous de la vice-présidente Kamala Harris, une femme aux plus hautes responsabilités de l’Etat. Au-delà de Kamala Harris, première femme élue vice-présidente, il semble que de plus en plus de femmes s’engagent en politique. En tant que jeune femme, comment vois-tu ce phénomène ?
« Nous voyons un retour de la gauche aux États-Unis. C’est aussi formidable que les femmes en soient le visage. Ce sont des députées comme Stacey Abrams, Rashida Tlaib et bien sûr Alexandria Ocasio-Cortez et Ihlan Omar. Elles s’engagent vraiment auprès des électeurs, elles ont été élues et sont réélues. N’oublions quand même pas que les femmes surtout blanches sont aussi une grande base pour Trump. Harris est à la Maison Blanche, mais nous avons la conservatrice Amy Coney-Barret que Trump a nommé à la Cour suprême. »

« Face aux crises d’ajourd’hui, des jeunes s’engagent et il pourrait y avoir un réel changement. »

Comment vois-tu l’avenir ?
« De nouveaux mouvements progressistes peuvent être une formidable force à venir. Cette jeune génération voit la montée du trumpisme (plus de 70 millions de voix), la crise COVID-19, les changements climatiques et sans doute une crise économique à venir qui sera historique. Face à tout cela, des jeunes s’engagent et il pourrait y avoir un réel changement dans la politique américaine dans les prochaines années. »


Auteur : Verhoeven Thierry
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Vos commentaires

  • LAROCHE

    Le 26 novembre 2020 à 21:00

    IL FAUT DU CHANGEMENT, merci à Marisa pour son témoignage, Tout est possible !

    Répondre à ce message

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