Mouvements sur la VOIX publique


 Articles Le 3 novembre 2022 | Mise en ligne : Thierry Verhoeven
Auteur : Thierry Verhoeven

Du 10 au 16 octobre, c’était la semaine de la santé mentale. A cette occasion, plusieurs associations organisaient une journée d’activités à Charleroi. Ca s’appelait « sur la VOIX publique », histoire de se montrer et de prendre la parole. Et ça a créé du mouvement. Un mouvement qui dépasse cette journée. C’est ce que nous montrent en tout cas Jean et Virginie que nous avons rencontrés.

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Mouvement et danse, discussion philosophique, un atelier pour créer des autocollants, des ateliers d’écriture et de conte… Le tout dans un passage couvert de la ville de Charleroi pour interpeller passants et passantes. Les associations Article 27, L’Autre lieu, Le Guéret et Regain organisaient une journée pour parler de santé mentale. C’était au Passage de la Bourse, le 13 octobre. A cette occasion, nous avons rencontré Jean et Virginie.

Jean

Jean a 55 ans. Il a été animateur dans une organisation socio-culturelle. Il a perdu son emploi. Il a été diagnostiqué bipolaire bipolaire Personne qui a des périodes de dépression et des périodes où elle est très active avec trop d’énergie. , « maniaco-dépressif comme on disait avant », précise-t-il. Jean fréquente un hôpital de jour appelé Le Guéret. Guéret au sens strict est une terre labourée, mais où il n’y a pas encore de semences, une terre en jachère dit-on aussi. Mais guéret au sens large, c’est toute terre cultivée.
C’est sur ce terrain que Jean participe à plusieurs ateliers : l’écriture, des activités plus manuelles, des jeux, du yoga. Jean est lucide sur sa maladie, oui, mais sur la société aussi : « Ce qui se passe dans la société, c’est catastrophique. » Et en même temps, avec calme, avec philosophie presque, il dit une évidence oui, mais une évidence bonne à rappeler : « On en apprend tous les jours, la vie est faite d’apprentissages. Je suis toujours émerveillé par la vie. »

Virginie

Virginie a 38 ans. En 2018, elle va très mal et demande à se faire interner en hôpital psychiatrique. Et voici ce qu’elle dit dans le magazine Femme d’aujourd’hui qui l’a interviewée : "Là on a parlé de dépression, puis d’autisme d’Asperger, de stress post-traumatique car elle a été abusée sexuellement quand elle était petite. Puis, finalement de schizophrénie schizophrénie maladie mentale, un de ses effets est que la personne peut perdre le contact avec la réalité et délirer. ". C’était un choc. » Un choc…

Concernée

Et pourtant la femme qui est devant moi aujourd’hui parle sereinement de cette journée de la santé mentale « Sur la VOIX publique » : « Ce qui m’a amenée à cette activité, enfin à ce mouvement, on va dire que c’est parce que je suis concernée par la santé mentale. Et c’est l’occasion pour moi de travailler à la déstigmatisation et à l’inclusion inclusion participation à la vie sociale comme les autres citoyens, le contraire d’exclusion des personnes en difficulté dans la société. » Virginie suit d’ailleurs une année d’études à l’Université de Mons en pair-aidance. C’est une formation pour des personnes qui, grâce à leur vécu, peuvent aider et accompagner des personnes qui vivent la même situation. Virginie tient à préciser : « Après les études, on a un certificat de participation. Ce n’est pas un diplôme. Le métier n’est pas encore reconnu en Belgique. Mais il y a un mouvement qui se bat pour obtenir une reconnaissance plus officielle. »

Vocabulaire

On l’a lu, Virginie parle déjà comme une professionnelle. Et il faut donner quelques précisions. Déstigmatisation dit-elle. Prenons dans l’ordre. Stigmatisation vient du verbe stigmatiser stigmatiser avoir un jugement négatif sur une personne à cause de son apparence, d’un de ses comportements ou d’une incapacité. Exemples : stigmatiser les étrangers ou les handicapés. . C’est une manière de voir très négativement un comportement ou une incapacité d’une personne. Cela provoque le rejet social de cette personne. Virginie donne deux exemples : « Quelqu’un de ma famille a dit une fois : « Un schizophrène peut tuer une personne en deux secondes. » Ou encore, ma prof de théâtre a dit après une répétition : « On va devenir tous des schizophrènes ». Ca me met mal. »
Faisons simple. La déstigmatisation, c’est une manière de renverser cela. C’est de montrer aux gens qu’ils jugent mal parce qu’ils ont des mauvaises informations, des fausses idées sur certaines personnes. Ici, sur des personnes qui souffrent d’une maladie mentale.
L’inclusion dit encore Virginie. Pour faire simple encore, l’inclusion est une manière de permettre à tous et toutes de participer pleinement à la vie en société.

Virginie, pair-aidante

Un pair est une personne qui est dans la même situation qu’une autre personne. Aidance vient évidemment du mot aide.

Jean et Virginie en mouvement

Au-delà des mots de professionnel, ce qui frappe dans cette journée « Sur la VOIX publique » et dans les paroles de Jean et Virginie, c’est le mouvement. Jean est dans un mouvement d’apprentissage et d’émerveillement. Pour Virginie, cette journée n’est pas une journée d’activités mais une journée de mouvements.


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