Sylvain, infirmier Covid


Le 23 mai 2021 | Mise en ligne : Lydia Magnoni
Auteur : Sylvain Hotton
|  1 messages

Les personnels de soin ? On les a applaudis. On les a remerciés et remerciés encore. On les remercie toujours. Une façon de les remercier, c’est aussi de les laisser témoigner. Comment vivent-ils, comment voient-ils les choses ? Voici le témoignage de Sylvain, infirmier aux soins intensifs « Covid ».

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Je m’appelle Sylvain Hotton, j’ai 34 ans, et je suis infirmier depuis 11 ans. Je travaille à la Clinique Notre-Dame de Grâce de Gosselies et dans le service de soins intensifs depuis mars 2020.... Mars 2020, la maladie du Covid-19 avait déjà touché durement l’Italie, les autorités et tout le monde à vrai dire commençait à se rendre compte que l’on devrait faire face à cette maladie.
Je me souviens d’un matin de ce mois de mars 2020. Il faisait beau dehors, mais les couloirs de l’hôpital étaient vides, froids et silencieux. C’était le calme avant la tempête... Et je m’attendais à vivre les moments les plus difficiles de mon métier. Je peux dire aujourd’hui que je ne m’étais pas trompé.

« On est en guerre »

J’ai travaillé pendant 11 ans dans un service hospitalier, puis j’ai été transféré dans le service des soins intensifs. Mais, malgré mon expérience, il m’a été difficile de voir autant de malades dans un état très grave. Difficile aussi de devoir se battre contre un virus avec très peu d’armes thérapeutiques. Difficile de garder les équipements de protection toute la journée. Et difficile surtout de voir autant de malades pas très âgés mourir du virus Oui, on était vraiment en guerre !

« Un rythme fou »

Aux soins intensifs de mon hôpital, nous pouvons accueillir 10 malades : 5 malades que l’on appelle « malades Covid » et 5 malades « non Covid ». Nous travaillons souvent à un rythme très soutenu, parfois un rythme fou. Les lits sont presque toujours tous occupés. En réalité, depuis la fin de ce que l’on a appelé la 2e vague, l’activité n’a pas réellement diminué contrairement à ce que l’on pourrait croire.

« Du savoir-faire et des rapports humains »

Le travail est dur, mais j’aime ce travail. C’est incroyable de voir l’évolution des techniques de soin. On fait des choses que l’on ne pouvait imaginer il y a encore 40 ou même 30 ans. Et j’aime le rapport humain avec les malades et les familles qui vivent des moments compliqués. Mon métier, c’est du savoir-faire et des rapports humains. Evidemment, ce qui est toujours plus difficile, c’est le rapport à la fin de vie et de voir qu’en certaines circonstances, nos efforts ne suffisent pas…

« Je suis en colère »

Moralement, c’est parfois dur de tenir le coup et je suis en colère quand je vois le manque de civisme de personnes qui ne respectent pas les mesures de précaution. Je comprends bien que tout le monde en a assez. C’est compliqué aussi pour moi de ne plus avoir certaines libertés, de ne plus voyager ou de voir mes amis.
Je pense que le confinement confinement enfermement dans un certain espace s’il est vraiment respecté est toujours la première arme contre le Covid. Face à un ennemi que nous ne connaissions pas et que nous connaissons quand même un peu mieux aujourd’hui, la meilleure tactique reste une défense maximum. Depuis quelques mois, on a une nouvelle arme : le vaccin.

« La peur au ventre »

Je comprends les personnes qui disent : « Nous ne savons pas ce que ces vaccins pourraient nous causer à l’avenir. » J’ai envie de leur répondre : « Il y a sans doute certains effets à long terme qui sont inconnus mais aujourd’hui, le vaccin est notre meilleur moyen pour sortir de cette pandémie pandémie une grande épidémie qui touche beaucoup de pays et une partie importante de la population mondiale. . » Et dès que j’ai pu être vacciné, je l’ai fait. Grâce aux mesures de protection sanitaire et au vaccin, j’espère que bientôt je ne rentrerai plus du travail avec la peur au ventre, la peur de transmettre le virus du Covid à ma femme ou à mon fils.


Auteur : Sylvain Hotton
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Vos commentaires

  • Collot Alain

    Le 23 mai à 16:30

    Je suis infi depuis 1983, je pensais avoir vu tout ce qu’on peut voir en terme de misère et détresse humaine.
    Hélas, la nature est vicieuse et nous réserve toujours une parade.
    Néanmoins, un virus n’a qu’un but : survivre, un peu comme la bêtise humaine, la seule différence est que l’humain est théoriquement, doté de pensées et réflexions . J’ai dit théoriquement.
    Notre profession à été mise en lumière, mais restons sans réagir et nous serons très vite à nouveau oublié.

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