Trump et les réseaux sociaux


Le 4 février 2021 | Mise en ligne : Lydia Magnoni
Auteur : Lydia Magnoni

Trump restera sans aucun doute dans les mémoires comme le président qui a utilisé plus les réseaux sociaux avec des fausses nouvelles, des grossièretés et parfois même des propos violents. C’est seulement après la défaite de Trump et ses discours presque fous que Facebook, Twitter et Instagram ont fermé le compte de Trump. Et cela pose beaucoup de questions.


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Si Trump a un talent, c’est celui de communiquer. Grâce aux réseaux sociaux : Twitter, Facebook, Instagram, il s’est adressé directement aux Américains et surtout à ses électeurs. Les informations qu’il a données sur les réseaux sociaux étaient très directes et parfois mensongères. Trump a largement utilisé cette communication pour maintenir son pouvoir et son image. Il a ainsi court-circuité la démocratie et les médias.

Court-circuiter les médias

Trump sait bien que sur les réseaux sociaux, l’information arrive en direct au public, sans être vérifiée. Si l’information est fausse, les médias le disent, mais c’est souvent trop tard ; l’information a déjà été largement diffusée. En plus, Trump n’a pas cessé de répéter que les médias sont malhonnêtes. Il a notamment accusé en public NBC de publier des fakenews (des fausses nouvelles).

4 ans de mensonges ou presque…

En 4 ans de mandat, Donald Trump a publié sur les réseaux sociaux des messages qui ne respectent ni les règles de ces réseaux, ni même la loi américaine. Par exemple, en 2017, il a publié des tweets provocants contre la Corée du Nord. Et pendant les manifestations du mouvement dé défense des noirs "Black Lives Matters", il a écrit des messages racistes et menaçants. Au début de la pandémie de Covid-19, dans ses tweets et ses posts, il a minimisé l’ampleur de la maladie et proposé des traitements fantaisistes. C’est sur les résultats des élections que Trump a utilisé le plus le mensonge. Petit rappel.

Les réseaux, portevoix de la rumeur

Juste après sa défaite, Trump répète partout et notamment sur ses comptes Twitter, Facebook qu’on lui a volé l’élection. Il fait des procès pour contester les résultats. Il encourage ses électeurs à ne pas laisser faire une telle tricherie. Il empoisonne le débat en lançant sur les réseaux sociaux des rumeurs basées sur des mensonges. Il traite ses adversaires démocrates de gauchistes gauchistes personnes et mouvements de gauche qui ont des positions extrêmes au nom de grandes théories. Mot négatif inventé par les gens de gauche pour appeler ceux qui refusent de voir la réalité politique et sociale et donc qui ne servent pas les luttes. et de communistes. Il manipule ainsi le débat car beaucoup d’Américains sont très religieux et se méfient du communisme.
Il y a toutes les preuves qu’il n’y a pas eu de fraude électorale, mais beaucoup de partisans et d’électeurs de Trump ne le croient pas. Les rumeurs de fraude se multiplient sur les réseaux sociaux. Et il n’y a aucun contrôle sur ces rumeurs. Cela creuse encore plus les divisions entre Américains, même dans le parti de Trump, le parti républicain.

Rumeurs de fraude

C’est le 6 janvier que l’on a vu vraiment comment la communication de Trump peut entraîner à la division et à la violence. Ce jour-là, Donald Trump au bord de la folie, a répété dans ses discours et sur les réseaux sociaux que l’élection était volée. Il a même appelé ses partisans à marcher sur le Capitole, le parlement américain. Et des partisans de Trump l’ont fait. En entrainant des manifestants plus pacifiques, ils sont entrés de force dans le parlement et il y a eu 5 morts.

Les réseaux sociaux réagissent

Toutes les provocations de Trump en cours de mandat n’avaient pas trop fait réagir les réseaux sociaux. Mais suite aux violences au Capitole, Facebook, Twitter, et Instagram ont quand même bloqué les comptes de Donald Trump et ceux d’un mouvement complotiste qui soutient Trump. Les réseaux reconnaissent ainsi indirectement une responsabilité dans ce qui s’est passé.

Un peu tard ?

Il aura donc fallu un appel à l’insurrection insurrection soulèvement pour renverser le pouvoir pour que les réseaux modèrent strictement le compte d’un président des Etats-Unis. Mais cette décision elle-même soulève beaucoup de questions. Facebook Twitter et Instagram auraient-ils dû réagir plus tôt ? Comment auraient-ils dû réagir ? Quels messages auraient dû être modérés ou supprimés ?

Les droits et les devoirs des réseaux sociaux

Auraient-ils dû au contraire laisser faire ? Les réseaux sont-ils de simples moyens de diffusion qui ne doivent pas contrôler les messages qu’ils diffusent ? Ou portent-ils une responsabilité dans les contenus qu’ils relaient ? Quel droit ont les réseaux, qui sont des entreprises privées, de suspendre le compte d’un président qui avait été démocratiquement élu ? Faut-il laisser à des entreprises privées un pouvoir sans aucune limite ? Y compris celui de relayer des messages haineux, faux ou dangereux ? Il a fallu un siècle pour préciser les règles qui garantissent la liberté de la presse et les droits des journalistes. Il faudra aller plus vite pour préciser les droits et les devoirs des patrons des réseaux sociaux.


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