![]() Christiane Verniers et Joëlle Van Gasse – Photo: FUNOCFormation pour l'université ouverte de Charleroi |
Jour de fête et d’émotion le 23 novembre dernier à la
Géode de Charleroi. Christiane Verniers quittait la direction de la FUNOC.
C’est Joëlle Van Gasse qui assumera dorénavant la direction
de cet organisme de formation installé depuis 27 ans dans la région
de Charleroi.
En fait, le projet d’université ouverte qui a débouché sur
la création de la FUNOC a été mis sur les rails en février
1976. Une poignée de chercheurs proches du MOC et de la FGTB avaient
constaté que
l’école, loin de corriger les inégalités présentes
dans la société, les reproduisait. Paul Demunter, Aimé Lacroix,
Annie Maniquet et… Christiane Verniers, avaient alors décidé de
créer une filière de formation pour soutenir ces personnes qui
avaient manqué de chance. L’idée était de créer
une université ouverte pour des publics très peu qualifiés.
La FUNOC est officiellement créée en juin 1977.
Ce n’est
qu’un début…
Depuis sa création, cet organisme développe
dans la région
de Charleroi, un ensemble de formations et d’initiatives pour un public
adulte. Alphabétisation, Français langue étrangère,
formation de base, formation en langues, en informatique, formation aux métiers
du bâtiment… On y accueille aujourd’hui 1600 personnes par an
et 140 personnes y sont employées.
Mettre en place un tel organisme de
formation a été un défi
de tous les instants, tout au long de ses années d’existence.
En effet, la FUNOC s’adresse à un public peu qualifié,
un public très éloigné de l’emploi. L’institution
rame à contre-courant.
Par exemple, on y proposait déjà des formations de base et de
qualification sociale, alors que les pouvoirs publicsL'Etat, le gouvernement, les administrations misaient sur des formations
professionnelles
pointues. Enfin, les moyens financiers de la FUNOC viennent de subsides qui
doivent être
négociés tous les ans. Difficile, dès lors, de prévoir
sereinement des actions à long terme.
Ce combat à la tête
de la FUNOC, Christiane Verniers l’a pourtant
mené depuis 29 ans. Ces «29 années de combats incessants
pour l’institution, tous azimuts, contre vents et marées» l’ont
fatiguée. Mais elle ne veut pourtant pas tout à fait décrocher.
Elle souhaite à présent assumer à temps partiel des tâches
pédagogiques et de recherche.
… Continuons le combat
Celle qui va lui succéder à la tête
de la FUNOC a toute sa confiance. Elle connaît déjà le
combat, les difficultés
qui l’attendent. Joëlle Van Gasse est entrée à la
FUNOC, il y a 22 ans. Licenciée en histoire, diplômée de
l’ULB,
elle a immédiatement souscrit aux objectifs, aux valeurs de la FUNOC. «Ces
valeurs, j’avais l’impression en arrivant à la FUNOC d’être
tombée dedans quand j’étais petite»
Aujourd’hui,
elle connaît l’institution pour y avoir travaillé à tous
les échelons : d’abord formatrice, elle est ensuite devenue coordinatrice
pédagogique et a géré pendant plus de dix ans une équipe
de formateurs. Enfin, elle est devenue adjointe de direction. Et quand Christiane
Verniers a souhaité être déchargée de ses charges
de direction et de gestion, elle s’est tout naturellement tournée
vers Joëlle Van Gasse pour lui succéder. Bon vent à toutes
les deux…
Lydia Magnoni